Un Monde plus grand (Mon Initiation chez les chamanes – Corine Sombrun)

J’ai eu le grand plaisir de voir en avant-première, le film :

Un Monde plus grand au Cinéma Sauvenière, 23 octobre 2019.

Haut et Court Production (cliquez pour le trailer)
Projection en présence de Fabienne Berthaud (Réalisatrice/ Haut et Court), Steven Laureys (Neurologue, CHU Liège) et Audrey Vanhaudenhuyse (Neuropsychologue, Coma Science Group, CHU Liège)  – de gauche à droite sur la photo. (photo @ Rêvons Tout Haut)

L’histoire vraie et puissante d’un éveil à la transe chamanique, celle de Corine Sombrun.

Comment montrer l’invisible sans se perdre dans le spectaculaire ? Comment ne pas trahir l’histoire vraie sur laquelle se fonde le récit ? Comment toucher l’authenticité d’une tranche de vie sauvage comme elle seule a le don de l’être ? A ces questions, Fabienne Berthaud a répondu par un film que j’aimerais élever au rang d’œuvre d’art.   

Une oeuvre entraîne le spectateur dans son monde sans exiger de lui qu’il comprenne. Elle l’invite librement à cheminer au travers de sensations profondes et intimes pour le laisser repartir, une fois l’écran redevenu noir avec cette impression qu’il ne sera plus jamais tout à fait le même. Elle distille en lui un message fort s’il est prêt à lui ouvrir la porte en grand.

Sur les ailes d’un amour perdu

Adapté du livre  « Mon initiation chez les chamanes » de Corine Sombrun, un Monde plus grand pose une première question qui nous touche tous : «  Jusqu’où est-on prêt à aller par amour ? »  De quoi serions-nous capables pour retrouver ne fusse qu’une seule seconde le contact avec celui ou celle qui n’est plus, cet être qui a marqué notre vie et s’en est allé avec une part de notre âme nous laissant dans un manque insoutenable, un deuil impossible.

Coachée par Corine Sombrun (qui a aussi été conseillère technique toute au long de l’aventure de ce tournage) Cécile de France, choisie pour l’incarner au grand écran, n’a pas hésité, de même que toute l’équipe du film, à expérimenter la transe afin de jouer au mieux l’éveil chamanique du personnage principal. De ce moment où tous les sens basculent dans le monde que les chamanes appellent le Monde noir, l’actrice a su poser la performance au plus juste. L’image est épurée, choisie, esthétique, la bande son efficace, parfois surprenante et les paysages purs. Si cette incroyable aventure a été tournée à Liège pour les scènes de vie et les scènes scientifiques, l’équipe s’est  rendue en Mongolie, en décor naturel. Elle fut accompagnée par la véritable tribu des Tsaatan. Deux cents nomades et leurs troupeaux de rennes ont retrouvé l’équipe de tournage qui a vécu une immersion sans faux semblants au pays des steppes mongoles, de la nature grandiose et des esprits sans l’accord desquels on ne peut rien.

Retrouvons la mémoire des peuples racines

Fabienne Berthaud (photo @ Rêvons Tout Haut)

Un Monde plus grand nous invite à retrouver au cœur de notre être cette mémoire archaïque liée à la sagesse des peuples racines. A nous rendre compte que chacun d’entre nous est reliés à chaque être, animal, arbre, plante et aussi au vent, au soleil, à la pluie… Et que nous sommes bien plus grands que nous l’imaginons. Fabienne Berthaud nous a confié que cette aventure l’a profondément changée et que sa conscience en la préciosité de la vie, de la nature s’en est encore agrandie. La prochaine étape sera de repartir dans la steppe montrer le film à la tribu des éleveurs de rennes qui y a joué.

Alors, levons nos verres au ciel, au vent et à la terre et modifions nos consciences car le Monde plus grand n’est pas un autre monde, c’est le nôtre. Il est juste là et si nous écoutons, nous entendrons qu’il frappe ici, juste derrière la porte… Allez vivre le film ! Il sort le 30 octobre au Churchill pour les Liégeois et un peu partout ailleurs.

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Et la science dans tout ça ?

Après son initiation qui a duré huit ans, persuadée que son don était une faculté du cerveau humain qui n’était pas réservé qu’à une seule petite élite, Corine Sombrun a cherché à soumettre le phénomène à l’étude scientifique. Véritable parcours du combattant ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard qu’un premier article scientifiques émergera outre Atlantique. Au CHU de Liège, l’équipe de recherche crée aujourd’hui avec son aide ses premiers protocoles et démarre l’étude de ce vaste sujet.

Audrey Vanhaudenhuyse, neuropsychologue au Coma Science Group, CHU Liège :

Audrey Vanhaudenhuyse (photo @ Rêvons Tout Haut)

« Au niveau scientifique, nous sommes vraiment aux balbutiements de ces études. Dans la littérature, il y a très peu d’articles qui ont été réalisés mais malgré cela dans la société il y a beaucoup de gens qui pratiquent, il y a des « chamanes » partout en Belgique, en Europe, qui proposent des soins et bien d’autres choses. Notre travail en tant que scientifiques est de redonner un cadre à tout cela pour que plus on avance dans ce domaine, plus on puisse proposer une cadre sécurisé pour le thérapeute comme pour le patient. Si vous sortez du cadre, il y a des risques.

L’objectif des études mises en place par ma collègue, Olivia Gosseries, et moi-même est d’abord de comprendre ce qui se passe au niveau du cerveau dans un premier temps. Il y a peut-être aussi d’autres choses qui rentrent en compte  que nous ne sommes pas encore capables d’étudier pour le moment. Une fois que l’on aura compris les mécanismes, il faudra tester, voir ce que cela donne et ensuite nous élargirons et agrandirons le cadre. »

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A noter

Si le sujet vous passionne, notez qu’une conférence consacrée aux neurosciences en présence des chercheurs du CHU de Liège et de Corine Sombrun aura lieu à Liège le 27 mars 2020 (Festival du film documentaire Images & Santé).

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